13/12/2006

Priorités et modalités d'action

Afin d’atteindre les objectifs exprimés lors des Sommets de la Terre de Rio (1992) et de Johannesburg (2002), c'est-à-dire préserver la diversité biologique, il faut envisager des mesures de conservation complémentaires à la protection des biotopes. Des interventions telles que la constitution de populations animales captives sont nécessaires si l’on veut éviter la disparition de nombreuses espèces, en particulier celles dont le biotope est considérablement réduit, fragmenté et perturbé. Il importe que les programmes d'élevage en captivité soient mis en place avant que les populations n’atteignent un seuil critique, et que ces programmes soient ensuite coordonnés sur le plan international, conformément à des principes biologiques rationnels, en vue du maintien ou du rétablissement de populations viables à l'état sauvage.

 

1- Priorités

 

 Certains groupes d'espèces sont particulièrement menacés, notamment les espèces présentant les caractéristiques suivantes: aire de répartition limitée, valeur économique élevée, derniers maillons des chaînes alimentaires, et espèces limitées à des biotopes climaciques. Ces espèces risquent d'être les premières à disparaître.

La stratégie d’action de la Réserve zoologique de Calviac (concentration des efforts sur 4 zones géographiques prioritaires) ainsi que le plan de collection de la Réserve zoologique oeuvrent en ce sens.

La vulnérabilité des petites populations est nettement sous-estimée. C'est la raison pour laquelle on attend à tort le dernier moment pour établir des populations captives, c'est-à-dire lorsque la crise est à son paroxysme et l'extinction probable. Il est donc crucial de pouvoir prévoir une telle situation suffisamment tôt, ce qui n'est possible que si l'on dispose de données sur l'état des populations sauvages. Pour mieux réduire le risque d'extinction, il est indispensable de constituer des populations captives suffisamment tôt, si possible quand la population sauvage compte encore plusieurs milliers d'individus.

« Dans le cas de taxons vertébrés comptant actuellement à l'état sauvage moins de mille individus, il est essentiel et urgent que les spécialistes de l'élevage en captivité coopèrent étroitement et unissent leurs efforts afin que leur travail se complète et que les risques d'extinction soient réduits au minimum. »

Recommandation de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature)

 

2- Modalités d’action

 

 Dans un premier temps, la Réserve zoologique se consacrera principalement à des programmes de conservation ex situ (en captivité), à Calviac. Mais, à moyen terme, l’objectif est de parvenir à créer un lien très étroit entre la Réserve zoologique et la conservation in situ, c’est-à-dire dans les milieux naturels. A terme, les fonds dédiés à la conservation devront être très majoritairement consacrés aux programmes in situ.

La Réserve zoologique a déjà proposé sa candidature à l’EAZA (Association Européenne des Zoos et Aquariums) en vue d’intégrer le réseau européen des parcs zoologiques et, ainsi, pouvoir participer aux divers programmes d’élevage européens (EEP) et Studbooks (ESB) déjà mis en place.

 

 

Principaux programmes d’élevages auxquels participe la Réserve zoologique de Calviac 

Nom vernaculaire

Nom scientifique Coordinateurs (zoo)

Ibis chauve (EEP)

Geronticus eremita Christiane Böhm (Innsbruck)

Canard de Meller (EEP)

Anas melleri

David Jeggo (Jersey)

Vautour percnoptère (ESB)

Neophron percnopterus

Karel Pithart (Prague)

Goura spp. (ESB)

Goura spp.

Rob Belterman (Rotterdam)

Lémur couronné (ESB)

Eulemur coronatus

Pierre Moisson (Mulhouse)

Lémur au ventre roux (ESB)

Eulemur rubriventer

Pierre Moisson (Mulhouse)

Lémur catta (ESB) Lemur catta Elena Baistrochi (Bussolengo)
Vari roux (EEP) Varecia variegata rubra Werner Kaumanns (Cologne)

Tamarin lion doré (EEP)

Leontopithecus rosalia David Field (Whipsnade)

Saïmiri à tête noire (EEP)

Saimiri boliviensis

Jan Vermeer (Romagne)

Saki à face blanche (EEP)

Pithecia pithecia pithecia

Kirsten Pullen (Paignton)

Glouton (EEP)

Gulo gulo Leif Blomqvist (Helsinki)

Vison d’Europe (EEP)

Mustela lutreola Tiit Maran (Tallinn)

Fossa (EEP)

Cryptoprocta ferox Achim Winkler (Duisbourg)

Margay (EEP)

Leopardus wiedii Stewart Muir (Newquay)

Poudou (EEP)

Pudu pudu Ulrich Schürer (Wuppertal)

Loup à crinière (EEP)

Chrysocyon brachyurus Sabine Hilsberg (Frankfurt)

Tapir terrestre (EEP)

Tapirus terrestris Aude Desmoulins (Beauval)

L’objectif de la Réserve zoologique de Calviac est de pouvoir être à même, à terme, d’initier de nouveaux programmes d’élevage, notamment pour certaines espèces de lémuriens, de ouistitis et tamarins, de petits carnivores, de chauves-souris, de rongeurs, de galliformes ou de rapaces nocturnes. A l’instar de ce que le Zoo de Jersey (Durrell Wildlife Conservation Trust) a pu mettre en place, un partenariat avec les gouvernements des pays desquels les espèces sont originaires sera établi : les animaux, ainsi que leur descendance, resteront la propriété du Gouvernement. L’objectif poursuivi par la Réserve zoologique de Calviac étant de parvenir à les faire reproduire en captivité dans le but ultime de les réintroduire dans leur milieu naturel, dans des conditions sécurisées. Des colonies d’élevage seront créées au sein de la Réserve zoologique et le programme d’élevage européen s’étendra aux parcs volontaires, membres de l’EAZA. Cependant, priorité devra être donnée à la création de colonies d’élevage dans les pays même d’où les espèces sont originaires.

Afin de définir au mieux la stratégie à adopter pour chaque espèce et chaque biotope qu’elle souhaite préserver, la Réserve et le FCEM auront aussi un rôle d’expertise. L’action de l’organisation s’étendra ainsi à l’étude des causes de la dégradation des biotopes (recherche en écologie, sociologie, ethnozoologie…). Il conviendra de prendre en considération l’homme et ses besoins en tout premier lieu, car c’est là que  se trouve la clef de tout problème environnemental. Un lien efficace devra être noué avec les autorités locales compétentes, en vue d’intégrer l’action du FCEM à la politique intérieure du pays concerné.

Associé à de grands bailleurs de fonds (FMI, autres ONG, Coopération internationale…), le FCEM aura aussi pour mission d’enrayer les causes du déclin de l’espèce (destruction de l’habitat, chasse, trafic…). Toutefois, l’action directe se limitera à ses domaines de compétences, en conséquence, uniquement à destination de la sensibilisation et l’éducation à la préservation de la biodiversité. En revanche, le FCEM pourra soutenir financièrement certains programmes d’action de conservation des espèces menacées initiés sur place par d’autres ONG.

Modalités d'action de la Réserve zoologique de Calviac et du FCEM (Fonds pour la Conservation de la Nature), organisation soeur:

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